Maman avant tout !

Publié le 30 Aug 2018 à 16h52

Confession

Chers lecteurs, chères lectrices, chers tous ....

C'est enfin le bon moment de m'adresser à vous et de vous expliquer pourquoi il n'y a plus eu d'article sur le site depuis quelques mois.. pourquoi j'ai arreté précipitamment la radio ..pourquoi j'ai arrêté de travailler... pourquoi je me suis tout simplement fait beaucoup plus discrète depuis quelques mois.

 

Devenir maman était mon plus grand rêve et reste ma plus grande fierté ...

Ce rêve fou que j'ai réalisé moi, petit femme fragile depuis toute petite intérieurement rongée par ce mal que vous connaissez tous et toutes.

Mettre un enfant au monde , devenir maman, quelle drôle d'aventure qui n’avait pas forcément bien commencée, entre ceux qui me traitaient d’égoïste car moi femme malade j'allais donner la vie alors que la mienne ne tient qu'à un fil en plus de devoir supporter les remarques , les conseils , les ceci et les cela car je n'avais que 22 ans pfiou ...

J'ai très vite décidé de passer au-dessus de tout ça au point de ne lire aucun magazine et de n’écouter personne. Toute ma vie des medecins ont dicté ce que je devais faire, toute ma vie j'ai été protégée comme une enfant en porcelaine.. On n'allait pas commencer à me dire , comment être enceinte , comment accoucher , comment élever mon enfant , mon enfant c'est celui de son père et moi point .

Ma pricipale préoccupation c'était d'être assez forte psychologiquement pour que ma maladie me laisse la place de m'occuper pleinement de mon enfant, et pour cela depuis sa naissance je fais en sorte de pas me concentrer sur le moindre mal que je peux ressentir....

Avoir relevé le défi d'être maman en étant malade m'a parru assez simple finalement,  j'ai la chance d'avoir eu une magnifique grossesse malgré avoir eu tous les tracas de la femme enceinte , j'étais même heureuse de vomir mes tripes car cela montrait que j'avais bien les désagrements d'une future maman voir mon ventre grossir, mes seins grossir , sentir mon bébé bouger  était magique ...

16 juillet 200
16 juillet 200

 Avec le recul je dois avouer que j'ai certainement contré le protocole de la super maman ». Mon fils n'a jamais été vraiment réglé étant petit mais surtout il a dormi les 3/4 du temps dans mon lit et avec moi et encore plus quand je me suis séparée de son père à ses 4 ans. Jusqu'à ses 10 ans collé à moi déjà car j'avais besoin de le sentir près de moi et que mon fils c'était mon souffle , sa respiration m'apaisait là où moi j'etouffais ..

En effet il était le cas parfait, le cliché gagnant, une maman de 22 ans et en plus malade doit obligatoirement avoir un enfant perturbé , combien de fois je suis passée par des convocations , " votre enfant ne se concentre pas , il pense qu’à jouer,  etc... »  et donc quoi ? il est fou ? pas normal ? foutu dans la vie ?A l'école malgré que Loès affichait toujours un grand sourire , on a essyé de lui trouver tous les problèmes de la terre.

Sachant tout de même que je le faisais souvent discuter avec mes équipes médicales et surtout ma maman travaillait à l'aide sociale à l'enfance , il a vu des éducateurs , il était important pour moi de le faire contrôler car il a vécu des choses pas simples: sa maman au milieu des tuyaux et des soins , ma greffe, la séparation avec son père mais il a surmonté grâce à beaucoup de dialogue , de la franchise et la chance que nous avons que notre famille  ne s'est jamais déchirée, même au moment de la séparation.... 

En résumé mon fils a toujours été heureux ( je pense) sans présenter de choses particulières dans son évolution si ce n'est que l 'école n'a jamais été sa plus grande préoccupation , 

#l'angoisseDesParents !

octobre 2013
octobre 2013
 

 Il a aujourd'hui 15 ans. 

L’adolesence encore une bien drôle d'aventure, alors une fois de plus je n'ai pas eu peur...

 Je pense que le père de mon fils et moi-même sommes assez proche de notre fils pour ne pas flipper de cette période ...Et pourtant depuis que je suis maman je me suis rendue compte que c'est la période la plus angoissante de ma vie de maman , Quand on parle d'adolescence  souvent on craint principalement des problèmes de comportement en s'imaginant le cliché d'une période semblable à un épisode de « Pascal le grand frère » avec la crainte que notre enfant nous lache des "ta gueule et j'en passe sans savoir comment se faire respecter "  je pense que le respect  s'apprend dès le plus jeune âge et que les limites doivent être fixées .

Quelque soit l’amour inconditionnel que l'on porte à son enfant et toutes les choses auxquelles nous parents, nous cédons, le respect, la politesse sont fondamentaux et la base de tout de l'éducation d'un enfant ... ce n'est que mon avis

En realité, l'adolescence est bien plus angoissante et difficile à gérer pour nous parents ...

L’adolescence  est l’âge de la construction morale ; physique où il faut accompagner , prévenir , rassurer et savoir trouver les bons mots pour entrer dans le cerveau de nos enfants ; très peu réceptifs  à cet âge sans paraitre trop intrusif ,  ne pas avoir peur d'aborder le sexe , la drogue , les copains , les copines , les études , la violence , la clope , les sujets de société , le harcelement , la violence , l'abus sexuel , rien qu'en écrivant  tout ça j'en tremble ....

 

En résumé, être comme un bon ami , une épaule solide mais sans oublier que nous sommes les parents,  les patrons..

Ce qu’il y a de plus difficile à gérer pour nous parents, c'est qu 'un enfant n'est pas un robot et qu 'il ne sera, de toutes façons, pas comme nous, nous avions décidé et imaginé qu’il en soit...

Cette année n'a pas été simple pour moi , je ne me suis pas épanouie du tout à la radio , j'avais commencé une aventure avec la chaine "non stop people" avec une équipe que j'adorais mais l'émission s'est arrétée, mon coeur a été brisé par une hsitoire d'amour , j'ai enchainé de nombreuses déceptions amicales  et puis mon fils vivait pleinement ses 14 ans et s'est totalement désinteressé à l'école , la seule chose qui a tenu par chance : c'est ma santé

Le travail, les amours , les amis c'est une chose mais mon fils passe avant tout , c'est alors que  la situation est devenue ma principale préoccupation.

Mais alors comment accepter que mon fils était en train de sombrer scolairement? 

Comment l'aider à se rattacher aux études ? 

Le punir ? rentrer en guerre ?  oui j'ai essayé , mais en vain ...

Demander de l'aide à son collège ? oui nous l'avons fait ...

Mais aujourd'hui le constat est triste on ne se prend plus la tête dans la plupart des établissements avec les élèves ,

on ne les fait quasiment plus redoubler , on est à la limte de leur demander à 12 ans ce qu’ils veulent faire plus tard , ils n'ont plus de moyens , plus de personnels et surtout plus l'envie c'est l'impression qu’ils donnent... 

La facilité souvent est de pointer du doigt les parents ... 

Attention je n’accuse personne , j'explique juste ce à quoi nous avons dû faire face et notre ressenti ....

Mais qu'allions nous faire ? 

Nous avons suffisement de recul pour admettre si notre fils a des capacités ou si il n'est pas fait pour l'école et après de nombreuses discutions mon fils s'est rendu compte lui-même, avec une grande maturité, qu'il était dans uns situation compliquée et qu'il ne voulait pas qu’on decide tout pour lui.. C’est à ce moment-là que nous avons abordé une solution qui pour moi n'aurais jamais du être abordée :

 " l'internat" 

L'internat ????? la pension , le truc où on boit de l'huile de foie de morue au petit dej ???

=mais ça va pas non ???!!!!!!!!!!!!! ( Premièrement calmos Sab) , on est plus en 1910 et puis nous n'avions plus 50 solutions ....

Alors après des semaines de réflexion nous avons commencé à aller nous renseigner en famille , visiter des internats , discuter de longues heures ensemble et avec d'autres jeunes , accepter pour tout le monde que ce n'était pas une punition mais une solution pour lui de se donner la chance de se remettre dans le bain des études pleinement pour pouvoir mieux rebondir.

Nous avons visité, fait  des recherches, des rencontres et des échanges avec des jeunes, mon fils a eu un coup de coeur pour un  campus inter’ Aux multiples nationalités à 700 kms de la maison , hop double coup de massue pour maman !

Mon fils et mon ex mari ont accepté l'idée avec positivité , ce qui n'était pas mon cas du tout ....

J'avais même honte d'en parler , j'avais encore peur d'étre pointée du doigt  allait-on m'accuser de punir son fils , de m'en débarasser ... mon dieu

j'ai toujours été forte mais là je me suis effondrée ,

Je pleurais n'importe quand, n'importe où, à n'importe quel endroit pour n'importe quelle raison...

Je ne vais même plus voir mon médecin depuis quelques mois,

je ne voulais pas affronter son regard , même si c'est une femme exceptionnelle et compréhensive , le DR V.B est une femme qui est là pour sauver des vies par pour ramasser des larmes de crocodiles ... je veux qu'elle soit fière de ses greffés et de moi ...

J’ai perdu du poids , j'ai pleuré tellement de fois , je me suis rongée de culpabilité , tout ça était de ma faute , pour moi du fait que j'avais loupé ma scolarité , je n'avais pas su accompagner mon enfant dans ses études ...

Echec de maman ....

J’ai tout laché, je n'avais plus envie de rien plus la force de rien , j'ai continué de publier sur les réseaux sociaux , car je voulais garder un lien avec ma communauté et par fierté car je ne voulais pas admettre que j'avais mal , que j'étais mal ,

Je suis Sabrina,  je suis une battante et j'aime la vie, je n'accepte pas d'être triste, faible et désarmée de tout .... Foutaise  !

Je pense que si je dois mettre des mots sur ce qu’il m'arrive et ce dont je suis en train de sortir, c'est que clairement que j'ai fais une dépression, que je n'acceptais naturellement pas , c'est à dire que je n'ai pas accepté d'en parler ni de me faire soigner ; j'ai déja la mucoviscidose je ne vais pas non plus être dépresssive!! 

Combien de fois, étant petite, on a voulu me foutre des cachets pour m'aider à accepter la mort de mes amis , jamais je ne touche à ça , je ne veux pas qu’on prenne le contrôle de ma conscience , je suis forte , et je m'en suis toujours sortie car je j'aime la vie, pourtant je sais  au fond de moi, que c'est ça , une dépression! , pleurer tous les jours , ne plus avoir envie de rien , m'enfermer sur moi-même, ne plus dormir , ne plus avoir envie de voir les gens, de sortir ... comment vous dire ???

Comment écrire des articles alors que j'étais vide , receptive à rien , comment aider les autres sans commencer par m'aider moi-même ,

J’ai perdu pas mal de monde sur mes réseaux donc je pense que, quelque part, tout le monde a du sentir qu'il y avait un problème avec ma sincérité et c'est vrai ....

Et puis dans l'épreuve , il y a ceux qui sont là , ceux qui font semblant d'être là , ceux qui comprennent et ceux qui ne comprennent pas ...

Parfois, quand je me suis confiée j'en ai  entendu , t'es excessive t'es une mère louve , t'es ci, t'es ça... les donneurs de leçon vous m'épuisez , je n’ai aucun diagnostic à recevoir de personne...

A côté de ça, on va me dire t'es pas resposable car je ne m'inquiète jamais quand mon fils est malade qu’il tombe, qu'il sorte avec ses copains , non je le laisse vivre sa vie , je ne supporte pas qu’on m'etouffe , je ne vais pas étouffer mon fils et avec son petit caractère il est en capacité de me le dire croyez le bien.

Mais il s'en va ....

Alors je sais mon fils n'est pas mort, ce sont les choses de la vie.... J’ai compris qu'on ne fait pas d'enfant pour les garder pour nous , mais mon bébé, mon ton petit , mon fils , mon protecteur , mon plus grand rêve, ma raison de me battre ; ma vie quitte la maison à seulement 15 ans ...

Alors ces derniers mois j'ai simplement voulu profiter du moindre instant , de tous ces moments de vie , de son sourire de son odeur , de sa peau , de ses rires , ses histoires, de son bordel dans sa chambre , de nos engueulades , de sa protection et de tout ce qu’on pouvait vivre ensemble et profiter de mon enfant qui va devenir adulte , laissez moi juste être encore un peu la maman d'un enfant , ça sera toujours mon enfant,  mon bébé mais il va devenir adulte et ça sera différent ....

Voilà, et nous l'avons fait, nous avons profité pleinement , vraiment ayez conscience de l'importance de chaque seconde de la vie c 'est tellement important ... 

A l'heure où j'édite cet article nous sommes à Toulouse , je vais remonter seule à Paris , il va me falloir un peu de temps , heureusement du travail m'attend mais je vais avoir encore besoin d'être forte pour me faire à son absence ...

Voilà , je m'excuse pour cette abscence , je m'excuse aussi pour ceux qui trouveront tout ça excessif , mais j'ai aussi compris quelque chose depuis toujours ,chacun est libre de mener la vie qu 'il a envie de mener , libre de ses propres choix , de ses actes , personne n'a à vous donner de leçon ,

Un enfant, j'en n’aurais peut-être qu'un,!et je ne regrette pas la maman que je suis et d'avoir tout laché pour vivre tout pleinement , chaque seconde à ses côtés.

Aujourd'hui, je vais reprendre mes activités progressivement car cela me manque profondément , prête à aider et partager toutes ces choses avec les gens qui me suivent , mes proches et pour que mon fils soit fier de sa maman autant que moi je suis fière de lui .

Si j'ai juste un conseil à donner pour finir avec vos proches : ne vous fier pas aux apparences et à ceux que vous aimez ou que vous croisez , ne vous contentez pas seulement d'un " oui je vais bien" vous êtes peut-être face à quelqu'un de pudique qui n'ose pas parler par souffrance ou par peur de déranger ....

Je vous embrasse et bonne reprise à toutes et à tous  ....

Sabrina Perquis

Par Sabrina Perquis

A propos de moi...
Comédienne/Réalisatrice AnimatriceRadio/ChroniqueuseTV Bloggeuse Santé Bien-être Sabrina Perquis est née le 12 mars 1981 en banlieue sud de Paris. Depuis toute petite Sabrina est attirée par le monde de la comédie et de la beauté. Dès l’âge de 3 ans, elle participe à de nombreuses émissions TV, Presses, Radio...
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