Bonjour à tous,

Le jeudi c’est le rendez - vous témoignage sur les « maux de sab » et aujourd’hui je vous parle de troubles du comportement et plus précisement du trouble " Bipolaire" grâce à une jeune fille qui a accepté courageusement de me livrer son témoignage. 

Définition du trouble Bipolaire : Le trouble bipolaire, est un diagnostic psychiatrique décrivant une catégorie de troubles de l'humeur définie par la fluctuation de l'humeur auxquels appartient également la dépression. ce trouble bipolaire se caractérise par des émotions de joie et de tristesse en perpetuelle "UP AND DOWN" 

 J’ignore par où commencer. Je ne dirais pas que j’ai eu une enfance malheureuse, bien au contraire. Mais j’ai l’impression d’avoir été bercée dans un mensonge pendant les dernières années qui ont précédées la séparation de mes parents. « Traumatisme » banal me direz vous... et pourtant c’est bien de là que tout a commencé . 11 ans à l’époque et une adolescence qui s’est avérée de plus en plus dure avec le temps. De mes 11 ans à mes 14/15 ans j’ai eu de grosses responsabilités sur le dos, c’est donc tout naturellement que je suis tombée dans ce qu’on appelle les crises d’angoisse. Le stress m’avait submergé, et plus le temps passait et plus mon état mental se dégradait. Commencer à garder les pieds sur terre sans partir en vrille me semblait impossible. Je me sentais folle et je perdais mes moyens. Mais c’est à partir de mes 16 ans que tout a commencé réellement. Une disparition d’une amie, puis premier enterrement , enfin un suicide. L’accumulation commençait à se faire beaucoup trop dure, surtout pour une jeune fille comme moi, qui a très peur de la mort. J’ai été dans un laps de temps assez court confrontée à la fatalité 3 fois. Bien que cela ait déclenché le processus de ma maladie, je sais à l’heure d’aujourd’hui que le noyau du problème reste mes traumatismes familiaux, et surtout mon rapport avec moi-même. Les crises d’angoisse étaient devenues des crises de délire où je perdais carrément la notion de la réalité, je commençais à avoir des absences et les choses simples de la vie me paraissaient insurmontables. Le stress s’était envahi de mon corps, marcher dans la rue, prendre le bus, aller au lycée me demandaient  un redoublement d’efforts. Puis un beau jour, quelqu’un a vu ma détresse ( mon ancienne CPE), elle a commencé à mettre en place un suivi plus régulier avec les infirmières du lycée et aussi m’a apporté beaucoup de conseils pour prendre les devants. Je lui dois beaucoup, car j’ai trouvé la motivation de dire : « STOP ». Je me devais d’accepter l’aide que les professionnels pouvaient m’apporter.. Je n’ai pas su dire non à ce que j’appelle la facilité : les médicaments et je suis encore traitée. Mal dans ma peau, incapable d’aller de l’avant, j’ai finalement décidé de me faire interner, pour reposer mon cerveau qui n’en pouvait plus, qui passait sa vie à cogiter sans que je puisse arrêter ces néfastes pensées. J’ai donc commencé par un premier hôpital, un hôpital d’urgence psychiatrique où nous sommes censés y rester seulement 48h. Eux ont décidé de me garder 1 mois, j’imagine que cela n’était pas pour rien. Mon traitement s’est fait plus lourd et mes amis étaient incapables de me reconnaître. Mes phrases n’étaient plus cohérentes et ne voulaient rien dire , j’étais devenue ce qu’on appelle « un légume ». L’hôpital ne pouvait plus me garder, ils m’ont donc envoyé dans un second centre psychiatrique. Un enfer, une déchéance de résidus d’humains. Les infirmiers étaient insupportables et nous traitaient comme des moins que rien, en revanche pour ce qui est des patients qui étaient pour la plupart suivis pour des pathologies mentales  graves, j’ai appris beaucoup d’eux. Je les aimais, en très peu de temps. Mais j’étais dans l’obligation de quitter ces lieux, mon père m’a retiré de là-bas après que les infirmiers m’aient clairement menacé de me mettre en chambre d’isolation ( pisser dans un pot, interdiction d’être en contact avec quiconque, une vraie prison.). Je n’y suis finalement restée qu’une semaine, mon premier centre m’a donc repris, car il était encore à cette période impensable de me laisser livrer à moi-même. Ce n’est que le 7 janvier  2015, que j’ai trouvé l’hôpital idéal, l’UJA, à Montpellier. Un nouveau souffle, une nouvelle vie, et un nouveau départ. J’ai fais de nouvelles connaissances ( pour certaines néfastes, dont une qui m’a fait beaucoup souffrir).  Mais pour d’autres juste magiques, une bande annonce de tarées chez chaque personnes différentes. J’ai grandis et j’ai commencé à vouloir à nouveau me battre, ne pas me laisser avoir par mes pensées noires et me relever sans que quoi que ce soit ne puisse m’en empêcher. J’ai vécu dans une colonie de vacances peu banale. Je suis sortie de là-bas 4 mois après. Malheureusement, à force de me sentir intouchable, j’ai voulu arrêter mon traitement d’un coup et j’ai finalement replongé. Retour à la case départ : l’hôpital de Montpellier. Le séjour fut pour une fois court : 1 mois seulement. Ce simple mois, a suffit pour qu’on me détecte des troubles de l’humeur et du comportement, mais jamais le nom de ma maladie n’a été prononcé. Peut-être avaient-ils peur de ma réaction ? Je pense qu’au fond de moi j’avais compris de quoi il s’agissait, mais j’ai continué à vivre dans cette fausse ignorance un an de plus... jusqu’au jour où j’ai repris les devants et j’ai demandé clairement le nom de ma maladie. Le verdict était tombé : « Mais enfin Anaïs, tu es bipolaire. ». Je me suis effondrée, bien que je le savais, entendre ce mot m’a déchiré. Je ne voulais pas être associée à ce nom. Puis j’ai commencé à l’accepter, mais un peu trop, je ne me voyais plus que comme « la bipolaire ». Je ne savais même plus qui j’étais vraiment. Je m’étais réduite à ce mot, sans être capable de réellement avancer. Il y a eu des hauts , il y a eu des bas, la vie est ainsi, mais en étant bipolaire tout est multiplié par 3. Les médicaments eux, m’ont permis de me maintenir un minimum. Les crises d’angoisses ne se sont jamais arrêtées. La souffrance restait présente, mais je suis toujours restée quelqu’un de joviale et plutôt extravertie. J’ai continué à rire de tout, malgré que le soir, mon cerveau ne cessait de cogiter. Aujourd’hui j’ai 20ans et j’approche de mes 21 ans .J’ai perdu quelqu’un de très cher en juin 2017, la plus grosse perte que je n’avais jusqu’à lors jamais connue.  Mais j’ai refusé de retomber dans cette dépression, même si les crises se faisaient violentes.  J’en pleure encore quand je vais sur sa tombe mais aujourd’hui je vais bien, aujourd’hui j’ai décidé d’avancer, aujourd’hui je me bas pour toi mais surtout pour moi, aujourd’hui j’ai eu un déclic, aujourd’hui je ne souhaite plus souffrir et toujours me présenter comme Anaïs la bipolaire. Aujourd’hui, je veux simplement être moi, la maladie reste présente mais je ne souhaite plus vivre dans son ombre. Je suis fière d’être devenue ce que je suis, je suis fière de pouvoir dire : On peut y arriver, on peut tomber 10 fois mais toujours se relever. On peut voir plus loin, avancer et dire merde à ce moral qui nous tue à petit feu. Ce qui compte c’est le mental, il faut chaque jour se lever en se disant, « je vais y arriver, j’ai mes faiblesses, certes, mais je reste quelqu’un de fort. ». Si je partage mon histoire aujourd’hui, c’est parce que je veux montrer que si on veut on peut réellement. Ne vous laissez jamais abattre, gardez la tête haute. Vous n’êtes pas juste malades, vous êtes avant tout de belles personnes. La confiance en soi se gagne avec le temps, cela est difficile mais rien n’est impossible. Pour ceux qui ont des coups de mou, n’hésitez pas à en parler, il n’y aucune honte, il n’a rien de mauvais à avoir besoin d’aide. Cela peut vous aider et vous libérer de certains poids. Et j’aimerais finir, en disant une de mes nouvelles fiertés : Je vais commencer à diminuer mes médicaments, je me sens prête mais cette fois-ci en étant suivie par mon médecin.

Anaïs,  je la connaît sans être très proche d’elle puisqu’elle fait partie du petit groupe de filles qui me suit depuis mon aventure dans secret story , c’était donc il y a 6 ans… Bien que je m’intéresse  à leur évolution toujours de loin et comme je le peux, je ne fais pas partie directement de leur cercle privé. Anaïs je l’ai vu la première fois, elle avait 14 ans et en 6 ans de sa vie d’adolescente à sa son entrée dans sa vie de femme, il s’en est passé des choses et en lisant ce témoignage je vous avoue que je suis passée par plusieurs émotions, la stupeur de ce parcours , la souffrance que j’ai ressentie dans ses mots, l’admiration d’oser en parler et la fierté de voir qu’elle se relève avec force et volonté.

Bravo Anaïs <3 

Ce qui ne tue pas rend plus fort , ne l'oubliez jamais ! ...

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