Bonjour à tous.

C’est un sujet qui revient tellement souvent dans les messages que je reçois, qu’aujourd’hui j’avais envie de l’aborder ici.

Avant toute chose, je tiens à notifier que pour rédiger cet article je me suis appuyée sur des témoignages et sur ma propre expérience.        
 « La complexité de la communication              médecins/patients »

Être face à un médecin régulièrement ou pour la première fois est toujours un peu anxiogène, stressant et délicat, quelque soit la raison de notre visite. On ne sait jamais comment cela va se passer, ni ce que l’on va entendre.

Selon quoi encore faut-il comprendre le jargon médical et espérer ressortir de l’entretien sans avoir trop mal à la tête.

Schématiquement, la relation médicale entre le patient et le médecin peut se comparer à un modèle pseudo paternaliste et/ou hiérarchique entre d’un coté le médecin qui à le savoir et le pouvoir sur le corps et de l’autre le malade, « le patient », qui lui est «soumis» à l’autorité souvent de manière infantilisante.

Il me semble important de faire un petit rappel : 
En France, la loi du 4 mars 2002, (loi Kouchner), a reconnu le rôle et les droits des patients dans leur parcours de soins. Depuis, les «patients sont acteurs du système de soins et sont censés participer activement à l’alliance thérapeutique avec les équipes médicales. En ayant accès à des informations éclairées, loyales et autorisant également l’accès à leur dossier médical. Cette loi impose, en outre, le respect des désirs et des choix de vie des patients dans la gestion des stratégies de soins ou de prévention. "Ayant pour mission d’informer pleinement chaque patient en fonction de leurs souhaits et de leurs attentes…"

Pourtant cette politique n’est pas toujours appliquée correctement. Si dans de nombreux cas la relation patient/médecin se passe bien et que nombreux sont ceux qui ne changeraient de médecin ni d’équipe médicale pour rien au monde,pour d'autres le terrain d'entente est plus complexe.
La rigidité et parfois « l’égo» de certains médecins ne facilite pas toujours les relations,  alors qu’il est primordial d’instaurer un climat harmonieux pour une bonne communication basée sur la confiance et la compréhension….

On est tous d’accord qu’un bon médecin a pour rôle d’identifier un problème, soigner, assurer un suivi… Sauver des vies , mais doit avant tout se montrer humain.  

Le médecin a le savoir et l’expérience et de son côté le patient connaît son corps mieux que quiconque. 

Le patient écoute et applique ce qu’on lui demande, mais il peut arriver que le celui-ci ne partage pas la même opinion que le médecin, la situation peut lui sembler  incohérente, incompréhensible, inappropriée et son avis ne semble pas compter.,

C’est là que ça devient compliqué.
Si vous avez le sentiment que vous ne pouvez pas en placer une, que l’on s’adresse à vous comme si l’on parlait à un ou une enfant et que vous n’êtes pas considéré correctement ou encore qu’en sortant de consultation vous êtes encore plus mal avec une boule au ventre ce n’est pas bon.
Généralement ce qui va directement court-circuiter le climat d’entente va se traduire par des mots, des phrases, des comportements, des observations, des failles …

Ces sentiments vous les connaissez n’est-ce pas  ?

Le sentiment d’être un numéro de dossier

Le médecin qui ne veut rien entendre

Le médecin qui n’écoute pas 

Le médecin qui ne cherche pas comme il le faut

Le médecin qui ignore à moitié et écourte les consultations

 Le médecin donne l’impression de s’en foutre ….

Le médecin, qui ne me répond jamais 

Et quand vous appelez Personne ne sait répondre ou me tient le même discours

Des exemples parmi tant d’autres et le pire c’est certainement cette petite phrase toute faite qui ne devrait même plus être prononcée:

" Tout va bien , vous êtes juste angoissé (e)"  

Une bonne qualité de soin passe par des échanges homogènes, des décisions partagées et des informations claires . 

Accepter d’entendre, écouter, avant tout est important mais lorsqu’au fond de vous votre instinct vous fait ressentir que la situation n’est pas maîtrisée. 

-Vous avez le droit de douter. 

-Vous avez le droit de demander plus d’explications.

-Vous avez le droit de contester.

Alors  comment intervenir et se faire entendre lorsqu’on a le sentiment qu’on ne nous écoute pas ? 

Il est loin d’être évident de savoir comment exprimer son ressenti à un médecin .Je pense qu’avant toute chose, il est important de ne pas se braquer et face aux émotions ce n’est pas toujours simple. Pourtant dans l’intérêt de tous même si face à vous, vous avez une personne avec qui ça ne « match  pas »  il est le devoir de chacun d’apprendre à communiquer efficacement et calmement. 

Si on ne vous entend pas, respirez un grand coup et osez le dire

Regardez le médecin droit dans les yeux , exprimez-vous et imposez-vous sans relâche, toujours en restant correct…

Même si le médecin semble pressé , débordé , ce n’est pas votre problème , je vous rappelle qu’il s’agit de votre santé 

N’ayez pas peur de prendre la parole autant qu’elle est sur vous : 

« je vous écoute mais, vous vous ne m’écoutez pas » -

« Entendez ce que j’ai à vous dire , je pense que …. Et je ne suis pas d’accord » 

-« Défendez-vous avec assurance face aux réponses toutes faites ( "je connais mon métier , c’est moi le médecin")  certes, mais on ne le dira jamais assez, chaque cas est différent.

Hier je discutais avec une maman qui me disait qu'elle avait peur à chaque rendez-vous , qu'il était impossible de dialoguer avec les médecins de son fils sur le fait qu'elle adaptait elle même certaines choses , qu'elle tentait d'en informer mais qu'on ne la laisse jamais parler. Lorsqu'elle a  le malheur de donner son point de vue  c'est  limite si on ne la juge pas de "mauvaise mère" alors que son fils va très bien physiquement et ses bilans sont bons" .....ça c'est pas nomal 

Forcez le dialogue. 

« Docteur on peut discuter sans que vous me donniez l’impression d’être une enfant qui se fait disputer? »

« Docteur je comprends que vous soyez peut-être occupé , débordé mais j’ai besoin qu’on m’écoute et qu’on réponde à mes questions »

Une autre  maman m’a écrit récemment «  eux choisissent leur métier , nous n’avons pas choisi la maladie « 

Ne restez pas sans réponse à une question, une situation , une incompréhension et j’en passe… sous prétexte que vous avez peut-être le sentiment d’être pénible et insistant. N’ayez pas peur de déranger ou vexer 

Rappelons une fois de plus que  le rôle d’un médecin est de «soigner et rassurer» pas d’alourdir vos peurs.
Il est en de même quand on exerce un acte médical sur vous , si vous observez quelque chose qui vous semble anormal , il faut le dire ! 
N’ayez pas peur d’appeler lorsque c’est nécessaire, de vous faire connaître….
Vous allez peut-être vous dire «  elle est mignonne Sabrina avec ses conseils mais ce n'est pas évident de dire ça à un médecin , certes mais si vous voulez vous faire entendre vous n’allez pas avoir 300000 choix , il y a une chose à retenir : le patient c’est vous et les conséquences c’est sur vous ! On parle de santé et d’une vie en l’occurrence la vôtre.

L’option d’un intermédiaire quand cela est possible ,
Dans certaines situations notamment pour ceux qui ont un suivi médical régulier, il y aura toujours une personne à l’écoute avec qui le courant passe surement mieux,  pourquoi ne pas en parler à  cette personne, qui aura peut-être la faculté d'aborder votre dossier et faire  passer des messages : une infirmière, un kiné … 

Lorsque le dialogue est compliqué et sans issus il y a toujours l’option de changer de médecin mais parfois géographiquement ou pour d‘autres raisons ce n’est pas toujours possible,

L’erreur est humaine rappelons le et ne l’oublions pas 
Un médecin reste un humain avec des familles et des problèmes du quotidien. Le jour où il ne vous écoute pas, peut-être qu’il est confronté à une situation qui occupe son esprit. Un décès , un patient dans une situation critique, une nuit de garde , un souci personnel, un problème de santé ou que sais-je encore. Bien évidemment ce genre d’argument n’excuse pas une négligence ou un manque de concentration envers un autre patient , surtout dans ce genre de métier , mais ça peut arriver …
C’est aussi pour cela qu’il est important d’oser vous impliquer et de prendre les choses en mains 
Avec mon parcours , J'ai vecu ce genre de situation de nombreuses fois et ma confiance est souvent mise à rude épreuve 
Je vous en parle dans mon livre : négligence , annonce de diagnostic maladroite , contradictions …… 

Alors bien évidemment je me laisse soigner mais quand j’ai un doute ou que je vois quelque chose qui ne me plait pas, je ne laisse plus rien passer ….

 je tiens à terminer cet article à l’aspect plutôt négatif  qui pointe du doigt le comportement de certains médecins mais j’aimerais surtout remercier une fois de plus tous les autres professionnels qui exercent leur métier à la perfection et qui donnent tout. Ceux qui me soignent depuis des années ou ceux qui ont fait partie de mon histoire, de mon parcours car sans eux je ne sais pas si je serai encore là aujourd’hui et sans eux aussi je ne sais pas si j’aurais eu autant de force pour y croire et me battre sans relâche 
Alors merci Chers docteurs , infirmières , kinés etc ….

Pour finir et parce que j'aime bien vous partager des situations concrètes, pas plus tard qu’en novembre, j’ai vécu ce genre de situation.

Je résume…

Àprès avoir commencé à faire de la fièvre suite à mon opération rien ne semblait orienter mon état fébrile vers d’éventuelles complications post-opératoire. Si ce n’est mes poumons qui commençaient à s’infecter. Nous étions d’accord que cela venait des poumons d’un côté comme de l’autre mais en attendant de recevoir l’antibiogramme ( l’examen qui permet d’adapter le bon antibiotique selon le virus), les médecins avaient choisi un antibiotique dit « au large spectre ». En 40 ans  je pense avoir fait le tour des antibiotiques et je pense savoir comment je réagis à telle ou telle chose ( efficacité , tolérance , intolérance etc…) 
Peu après l’annonce du choix de l’antibiotique je me suis exprimée en disant « vous faites fausse route ». Ce à quoi on m'a tenu tête, sauf que 72H après j’étais toujours autant fiévreuse. Alors j’ai décidé de prendre les choses en mains  en disant « stop, j’ai accepté d’essayer quelques heures car je reste patiente qui se fait soigner et  je ne suis pas médecin par contre  au bout de 3 jours sans efficacité je n’ai plus laissé faire ». « Docteur, on arrête de perdre du temps changez moi d’antibiotique je ne compte pas passer Noël ici ».  48H après je n’avais plus de fièvre ... Preuve une fois de plus que je connais bien mon corps ...

N’hésitez pas à me faire des retours en me donnant votre avis sur cet article ou en me partageant vos expériences qui sont toujours utiles et inspirantes :)