A tous les lecteurs : Lisez, Comprenez, Réfléchissez et surtout partagez cet article, parlez-en autour de vous. Protégez-vous aussi, on ne le répétera jamais assez et surtout, ne rejetez jamais quelqu'un malade du VIH, bonne nouvelle, le contact humain n'est pas contagieux.

Bonjour à toutes et à tous,

 Aujourd’hui à l’occasion de cette journée de lutte contre le Sida , je voulais vous donner des nouvelles d’Elena,  en effet j’ai la chance d’avoir encore des contacts avec la plupart des personnes qui me confient leurs histoires j’en profite pour les remercier profondément pour cela et  surtout pour m’accorder leur confiance.

Pouvoir transmettre des histoires c’est une choses mais j’apprends beaucoup personnellement et humainement grâce à ces histoires de vie .

Alors forcément, comme vous êtes nombreux et nombreuses à aimer tous ces témoignages c’est avec la plus grande des satisfactions que je partage ces nouvelles avec vous …

Souvenez-vous Elena avait contracté le VIH d’une façon assez particulière  

Aujourd’hui je suis très heureuse d’annoncer sur le blog un message plein d’espoir puisque Elena est maman d’un petit garçon depuis février 2017 et neuf mois après la naissance de son petit trésor tous les tests VIH sont négatifs …

L’occasion pour vous aussi de découvrir ou de redécouvrir l’histoire d’Elena, touchante et pleine d’espoir à partager au maximum. 

 Eléna 27 ans: "Le VIH est dans mon corps et je n'y peux rien, mais c'est pas pour autant que je vais l'accepter. Je tolère d'une cohabitation difficile mais je ne lui laisse pas le pouvoir."

Si hier le VIH tuait encore, aujourd'hui les personnes séropositives vivent plus ou moins normalement. Elles peuvent avoir des rapports sexuels sans préservatif, sous certaines conditions, et peuvent même avoir des enfants. Pourtant bien que le virus n’est plus mortel, il reste toujours un énorme tabou. Peur infondée, stigmates de la maladie, honte, discrimination ?

 Aujourd'hui, nous remercions Elena, qui pour vous, fait tomber le masque de la maladie et nous raconte son histoire. Telle une guerrière face à ce virus, elle se livre sans artifice.

Je ne devrais pas être là. Mais je suis bel et bien vivante pour vous raconter ma bataille. Je suis née le 14 mai 1989 à Bucarest en Roumanie. Après une année passée seule dans un petit lit rouillé de l’hôpital, j’ai été adoptée par une famille de Suisse. Mes parents m’ont fait des tests sanguins pour connaître ma situation sérologique. Parce que de nombreux enfants ont été contaminés par des seringues non stériles dans les hôpitaux. Et je ne parle même pas des conditions en orphelinat. Mes parents ont bien fait car ils ont découvert que je fais partie de ces milliers d’enfants infectés. Mais ils m’ont pris quand même.

Le HIV et moi, c’est une histoire complexe. Il ne se manifeste pas tout de suite, il attend là où on ne l’attend pas. Et moi je m’attends toujours à le voir alors il a peut-être fini, au bout de 27 ans, par comprendre qu’il perdait son temps et que contre moi et mes médicaments, il n’avait pas vraiment ses chances !

Pourtant, il a essayé à de nombreuses reprises ! Il a même faillis réussir plusieurs fois. A chaque fois que je tombe malade. A chaque fois qu’on me rejette ou qu’on me traite de « Sale sidaïque » et autres insultes. A chaque fois qu’un potentiel petit copain fuyait. La fois où j’ai eu peur d’avoir transmis le virus à mon chéri. A chaque fois que je ne peux pas me lever le matin. Toutes ces fois-là, il aurait pu gagner.  Et de la place il en prend, ce qui est un comble pour un virus !

Mais mes médicaments m’ont parfois fait plus souffrir que le virus. Ce virus est compliqué à vivre parce qu’il ne se voit pas. Mais les effets négatifs des médicaments se voient, eux. Alors j’ai arrêté de les prendre, ces traitements, ou je les prenais seulement quand j’en avais la motivation. Et ce n’était pas souvent ! Je suis devenue multi-résistante aux molécules, en faisant ça. Actuellement, mon traitement est le dernier qui me reste. Et s’il foire, je dois passer aux injections. Ça n’arrivera pas ! Ça fait 5 ans que je maîtrise à nouveau mon traitement, après des années de travail personnel. Car oui, le virus et ses conséquences sur le psychisme n'est pas négligeable. Et grâce à des docteurs très bons et très humains et un suivi en équipe. Une doctoresse m’a même forcé à aller quotidiennement prendre mon traitement en pharmacie, sous surveillance. C’est l’une des meilleures choses qui me soit arrivée ! Elle m’a appris à me discipliner.

 Accepter que si je ne bridais pas ce virus moi-même, il me traquerait comme un prédateur jusqu’à ce qu’il m’attrape et me tue à petit feu. Alors j’ai appris, parfois douloureusement à être ma propre guerrière. A connaître l’ennemi, ses méthodes, ses tactiques et ses coups bas. Et me défendre. Le castrer, qu’il ne puisse plus se reproduire. À défaut de disparaître, il est enchaîné, enfermé dans les oubliettes de mon corps et de mon esprit. Je n’aime toujours pas les prendre ces médicaments. Je les prends toujours avec du soda parce que sinon c’est juste bon à m’étouffer. Mais je n’ai jamais plus oublié une seule fois de les prendre. Et c’est aussi naturel que de mettre des lunettes. Cette défense est l’une des seules que j’ai. Les médicaments et mon état d’esprit qui oscillent entre revanchard et indifférent du virus.

 Mais les effets positifs du virus, je les cherche encore ! On parle de joues très creuses, de perte de poids, de manque d’appétit, de fatigue chronique, de maux divers et surtout de gens qui ne croient pas qu’on puisse attraper le HIV sans rien avoir demandé à personne. Je ne suis ni une prostituée ni une toxicomane. Je n’ai pas eu le choix, dès le départ. Mais allez savoir pourquoi, les médicaments ont la fâcheuse tendance à donner parfois une apparence trompeuse. Le VIH je l'ai attrapé par objet contaminé lors d'une opération en Roumanie, vous voyez je vous l'avais bien dit que je n'avais rien demandé à personne. Mais allez savoir pourquoi, les médicaments ont la fâcheuse tendance à donner parfois une apparence trompeuse.

 En grandissant, j’ai appris à garder mon secret. De ne jamais parler du « petit virus » ou des « petits soldats » aux autres enfants. Et je n’ai jamais compris pourquoi, jusqu’au jour où toute l’école l’a su parce qu’une seule personne au courant avait trouvé drôle d’en parler. Mais le virus m’a appris malgré lui beaucoup de choses ! Gérer les médecins qui pensent parfois mieux savoir que moi. La jungle des interactions médicamenteuses est un terrain connu. Les différents traitements, les façons de gérer les douleurs, le vocabulaire médical sont des choses qui me permettent de me battre. Et je ne m’en sors pas trop mal, figurez-vous. J’en ai eu de grosses maladies (on appelle ça des maladies opportunistes dû au VIH), des trucs qui auraient dû me tuer, le virus partait gagnant et moi j’étais l’outsider ! Maintenant, j’ai retourné la vapeur.

 Je suis toujours aussi fragile physiquement. J’ai toujours les frustrations de la fatigue. Mais je ne suis plus jamais retombée malade à cause de lui. Plus depuis que je me suis adressée à lui. Je lui ai parlé à ce salopard champion de la guerre d’usure. Mais juste pour lui dire que désormais, c’est moi qui reprends les rênes de mon corps. C’est moi qui décide quand il se manifeste et pourquoi. Mais en attendant, je laisse les médicaments le mater quotidiennement et je m’occupe de ma vie et de mes envies. Et je vous jure que de dire « Non » à une maladie, ça fait du bien. Je n’ai jamais accepté qu’il soit là. Je le tolère d’un œil méfiant mais je ne l’accepterais jamais. Il n’a aucun droit chez moi. Et vous savez-quoi ? Je suis heureuse dans ma vie. Je suis fiancée, je peux avoir des enfants naturellement, sans que le virus ne s’en mêle. Je peux travailler, je peux voyager (presque) partout. Et tous les jours, c’est un jour où le virus est perdant, enchaîné dans sa cave. Je n’y pense pas souvent au HIV. Parce que l’ennemi a l’importance qu’on lui donne. Moi je lui en donne le moins possible dans ma vie.

 Comme je suis toujours là, voici mon conseil : Renseignez-vous sur ce virus. Apprenez à connaître les porteurs. Et protégez-vous aussi. Pas seulement contre le HIV mais aussi contre d’autres IST (infections sexuellement transmissibles). Je ne devrais plus être ici depuis longtemps. Mais je continuerais de me battre et je ne le laisserais jamais m’avoir. Perdre n’est pas une option !

 Elena

 Voilà un témoignage fort, et pour une meilleure compréhension de tout cela, je pense qu'un petit rappel sur la maladie est primordial.

Le VIH c'est quoi ? C'est le virus d'immunodéficience humaine. Ce virus se transmet d’une personne à une autre par 3 modes de contamination : voie sexuelle, voie sanguine et de la mère à l'enfant et peut toucher tout le monde. Il attaque lentement les défenses immunitaires qui servent à nous protéger des microbes et des maladies. Quelles conséquences quand le corps ne se défend plus ? On peut alors attraper des maladies très graves et on peut mourir. C'est à ce moment-là que l'on parle du SIDA. Cette maladie est désormais contrôlable grâce aux traitements, une trithérapie. L'objectif : Bloquer la réplication du virus et empêcher qu'il se multiplie dans le sang. Un traitement pris efficacement permet de réduire le risque de transmission aussi. Et comme Elena nous l'expliquait, d'avoir une vie relativement bonne. Reste à faire face à la société qui est plus dure envers les personnes séropositives.

Mon mot pour Elena :

Mon mot de la fin sera pour Elena, qui pour moi ,nous livre un témoignage qui laisse sans mot. Bravo et surtout un grand merci d'avoir le courage de témoigner sur une maladie qui est considérée comme "Tabou". Bravo d'aborder le sujet de la façon dont vous le faites, dans laquelle on ressent beaucoup d'espoir. Elena, vous êtes un très bel exemple de vie qui prouve qu'avec une grande force de caractère, on peut vivre avec le VIH. Je vous souhaite que le maladie reste sage encore le plus longtemps possible et que le SIDA ne gagne jamais.

Le préservatif Rembousé dès le 10 décembre ...

Je voulais aussi ajouter cette belle nouvelle qui a été annoncé le 27 novembre dernier puisque dès le 10 Décembre prochain"Certains préservatifs seront remboursés sur prescription médicale » 

Les Français vont pouvoir se faire délivrer des "boîtes de 6, 12 ou 24 préservatifs  en pharmacie sur présentation d'une prescription d'un médecin ou d'une sage-femme » 

Pour l’heure, une seule marque est concernée, la marque "Eden," du laboratoire français Majorelle,  

Couvrez vous et restez vigilant c’est important !